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Pendant longtemps, j’ai accumulé les objets, vêtements, vaisselles, matériels de loisirs créatifs, décor et j’en passe.
Petit à petit je me suis ensevelie sous une telle quantité que je ne savais plus où les mettre, je m’asphyxiais toute seule.
J’en suis arrivée à avoir une chambre remplie de boîte en carton qui m’avait déjà suivi dans deux déménagements. Oui, deux déménagements avec autant de choses qui m’encombraient alors que j’avais donné plus d’une dizaine de sacs de vêtements de la taille des sacs d’ikea. J’ai réussi à me choquer moi-même.

Pourtant c’était drôle d’acheter, sur le coup, cela m’aider à me sentir bien, cela compenser la colère d’une dispute avec mon ex, cela me donnait l’impression d’être “Plus”.
Le rush de la découverte, de l’achat, de la nouveauté ….
Aujourd’hui j’ai tellement de haut que je pense que je pourrais en mettre un différent pour chaque jour de la saison … même si je mets souvent les mêmes ??
Je ne sais pas si vous pouvez imaginer l’accumulation de sacs, s’il y a avait un espace dans un coin, je le comblait aussitôt avec un sac ou une boîte.
Je suis arrivée très très près de la limite, j’aurais sans doute pu participer à une de ces télé-réalités où on vient me sauver de mon propre chaos.

Alors j’ai cherché à comprendre pourquoi j’avais besoin de temps d’objets.
Au début, je me suis trouvé la jolie excuse du “moteur de créativité” ??
J’ai aussi pensé que c’était la peur de manquer, et en effet, après des années à ne jamais rien trouver à ma taille et des années très difficiles financièrement, la peur du manque à du jouer un rôle.

Puis j’ai réalisé, je projetais autre chose dans tous les objets, comme si ils étaient le témoin de ma propre valeur, sauf que comme ma valeur n’est pas dans toutes ces choses. Je n’en avais jamais assez, je cherchais à combler un vide en regardant au mauvais endroit puisque je cherchais ma valeur là où elle n’était pas, au lieu de regarder en moi.

J’ai vraiment eu du mal à intégrer cette idée, à comprendre que je me suffisais à moi même, que je n’avais pas besoin de me cacher dans tous ces objets, que j’avais de la valeur par moi même.
Pour sortir de la spirale infernale des achats et de l’amoncellement, j’ai dû faire un énorme travail sur moi même.
C’est dans ce genre de situation qu’il peut vraiment utile de faire appel à un professionnel pour nous aider à faire le tri, et je l’ai fait, j’ai vu une coach/psy qui va vraiment permis de faire mon cheminement 10 fois plus vite que si je l’avais fait seule comme toujours.
La première étape pour moi a été d’accepter que j’avais un souci, que j’avais laissé mon côté rigolo et socialement admis de “shopaholic” me dépasser. Même si cela pouvait sembler évident pour certaines personnes, j’étais dans l’addiction et le déni, on en rigolait, ce n’était pas bien sérieux et puis surtout, j’étais loin d’être la seule comme ça.

Après des années à essayer de trouver des moyens ingénieux pour gagner de la place avec une meilleure organisation, à regarder les émissions sur les Tiny house pour trouver des idées de rangements sans perdre plus d’espace, j’ai enfin admis que mon souci n’est pas l’organisation, mais le surplus d’objets.
Waouh, prends-toi ça dans la face, je devais faire du tri et en parallèle commencer le travail sur moi.
Regarder la saison complète de “L’art du rangement” avec Marie Kondo où le super documentaire “Minimalismo” était un bon début, mais c’était à moi de faire des choix et d’agir.

J’ai commencé, en essayant de sortir au moins un petit sac chaque semaine et mon Dieu que c’était difficile de lâcher prise !
Tous ces objets, c’est aussi de l’argent que j’avais dépensé, j’entendais presque la voie de ma mère me dire “finis ton assiette, ne gâche pas…”, j’angoissais à cette idée de tout cet argent que j’allais mettre par la fenêtre, alors qu’en fait le mal était déjà fait et que j’étais dans une démarche de libération.
Mais que voulez-vous, l’éducation, les habitudes ont la dent dure.
Pour commencer, j’ai donc réuni tout ce que je gardais à cause d’un attachement émotionnel, mais qui franchement avait leur place dans la poubelle, ainsi je vidais sans la culpabilité de gâcher, car ces objets avaient bien servis et fais leur temps.
Par la suite, j’ai aussi utilisé des astuces comme donner à mes amis, comme cela j’avais l’impression de faire quelque chose d’utile … et je savais que si besoin, je pouvais toujours demander à mes amis de me prêter les objets en question.
Enfin, j’ai accepté de vraiment dire adieu, en donnant ou vendant ce qui pouvait encore servir, et pour me libérer de ma culpabilité, j’ai dit au revoir à chaque objet un peu comme Marie Kodo le fait elle-même, en remerciant de m’avoir bien servie, de m’avoir apporter de la joie et en leur souhaitant de donner autant de bonheur ou plus à leur prochain propriétaire. Mes amis me regardent comme si j’étais un peu folle quand je fais cela, pas grave, cela m’enlève un poids quand je le fais, ne fait de mal à personne et me rend vraiment plus sereine.

Tous ces objets, c’étaient autant de bruits dans mon espace et dans ma tête qui m’encombraient, me polluaient.
Donner les premiers sacs a éveillé en moi en sentiment de liberté et de légèreté qui était vraiment bienvenue.
Petit à petit, j’ai pu désencombrer mon couloir, mon entrée, ma chambre d’amis dans laquelle on peut dormir maintenant …

Sur le plan personnel, j’ai dû faire preuve d’introspection, chercher dans mon histoire ce que j’avais accompli, prendre le temps de redécouvrir mes talents et m’interroger sur mes valeurs. Autant d’éléments qui m’ont aidé à combler ce vide en moi, à mieux comprendre qui je suis et à prendre conscience de la valeur qui était déjà en moi, juste moi, sans les objets ni le regard des autres.
C’est fou comme remettre les pendules à l’heure avec soi même peut aider à s’armer pour affronter le futur, ne plus perdre de vue qui nous sommes et se construire la vie qui nous plaît et qu’on mérite.
Et dire que tout ce que je cherchais ailleurs était déjà en moi, je ne regardais juste pas dans la bonne direction.

Le tri n’est pas fini. Chaque semaine je garde un peu de temps pour ranger, un minimum de 15 min, 1 heure, 1 après-midi, selon ce que mon emploi du temps me permet, je continue ainsi à trier et sortir des choses de chez moi.
Une fois que vous avez goûté à cette liberté, il devient difficile de s’arrêter, tout mon appartement y passe. Il y a quelques mois, en rentrant chez moi, je me suis senti oppressé par l’occupation sur mes murs, j’ai presque tout décroché.
Maintenant, j’ai refait une décoration plus aérée et dans laquelle je respire mieux, même mes amis m’ont fait la réflexion sur ce changement, ils m’ont même dit qu’il trouve que je suis plus calme, plus sereine.

Moins j’ai d’objets, plus je récupère d’espace et je me sent libre chez moi et dans ma tête.
Comme on dit Moins c’est Plus ( Less is more).

Prendre en main sa vie, se défaire de ce qui nous pèse et nous encombrent, c’est un changement qui touche profondément à l’affectif, qui demande de gros efforts pour affronter ses démons et faire ce choix peut changer votre vie de façon inattendue.
Il est temps de parier sur vous-même, qu’en dites vous ?

Vous souvenez-vous de quand Mika a sorti sa chanson Big girl you are beautiful ?
Cela a été une révolution, un hymne à la beauté des femmes rondes, un hymne à celles qu’on considérait comme moches, car grosses. C’était en 2009, 10 ans déjà.
Depuis, on a vu, dans le monde de la chanson, des signes de changements, cela reste encore rare, comme des ovnis.

2019 semble annoncer le point de départ d’une nouvelle aire. Plus de chanteuses rondes et des corps différents au lieu du modèle unique, plus de chansons avec des thèmes body positifs, moins narcissique ou qui parle avec sincérités de nos faiblesses et de nos doutes. J’ai l’impression de sentir comme un glissement, comme si le monde était enfin près, comme si le tempo se mettait enfin à l’heure du body positiviste, et cela se voit aussi dans le monde de la musique.
La preuve avec 7 chansons qui montrent le chemin en 2019 et qui nous aident à nous sentir super bien.